L’Assemblée nationale vote l’interdiction des néonicotinoides jeudi 17 mars

La toxicité des néonicotinoïdes, considérés par les apiculteurs comme des « tueurs d’abeilles » est reconnue par tous. Les scientifiques, alertés depuis vingt ans par les apiculteurs, ont détaillé les mécanismes d’intoxication par ces molécules, à des doses infinitésimales, pour les abeilles, mais aussi pour les invertébrés, les oiseaux et les poissons, ainsi que la contamination des sols et des eaux et, au bout du compte, de l’être humain.

La question qui se posait au législateur était donc de savoir comment en finir d’une manière efficace et responsable avec l’utilisation de ces molécules ?

La responsabilité des parlementaires est d’adresser un signal fort aux groupes chimiques, aux organisations agricoles et à l’exécutif. Au nom de l’intérêt général, nous avonc donc adopté une interdiction de portée générale, concernant l’utilisation des produits phytopharmaceutiques contenant des substances actives de la famille des néonicotinoïdes, y compris les semences traitées avec ces produits. Il s’agit d’une interdiction efficace et responsable.

 Elle entrera en vigueur à partir du 1er septembre 2018, ce qui laissera suffisamment de temps au monde agricole pour trouver des solutions de substitution qui auront été identifiées au préalable. Ils auront le temps de s’adapter tout en ayant une date butoir.

 La liste des solutions de substitution sera déterminée sur la base d’un avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES)

 Depuis juillet 2015, cette agence de référence scientifique est compétente pour effectuer des études comparatives sur l’impact des différents produits phytopharmaceutiques dans le cadre de sa mission de délivrance des autorisations de mise sur le marché. À ce titre, elle peut, pour chaque usage, c’est-à-dire pour chaque culture confrontée à un ravageur, identifier un produit alternatif capable de traiter à court terme une attaque menaçant une culture.

Par ailleurs, les pratiques culturales durables devront également être identifiées et promues, afin de limiter le recours aux produits chimiques.

Il s’agit à la fois de produits biologiques ou de procédés physiques et de pratiques agronomiques telles que la rotation des cultures, en cohérence avec ce que propose déjà la loi française en faveur du développement de l’agroécologie.

La solution retenue est une solution de compromis. Elle est équilibrée compte-tenu de la situation actuelle et ne vient pas aggraver la crise agricole.

 Je me réjouis des avancées obtenues en faveur d’une agriculture durable !