« Pas de Laïcité sans droits des femmes ! »

Chaque année, le 9 décembre célèbre l’anniversaire de la séparation des églises et de l’Etat. 110 ans après l’adoption de la loi portée par Aristide Briand, le principe de Laïcité, creuset de notre République, revêt une importance symbolique.

Au lendemain des attentats du 13 novembre et près d’un an après ceux perpétrés contre les journalistes de Charlie Hebdo, Laïcité est, plus que jamais synonyme de liberté de conscience et de croire ou ne pas croire. En tant que socialiste, je suis profondément attachée à cette valeur qui fait aussi la singularité et la force de notre pays. Elle garantit à tout un chacun le droit de pratiquer son culte mais aussi celle de n’en pratiquer aucun.  Elle combat tout communautarisme. Elle constitue le socle de notre cohésion sociale.

Aujourd’hui la laïcité est régulièrement malmenée, détournée, et bafouée. Nous devons être particulièrement vigilants aux dérives qui mettent en danger ce principe. La République ne peut être que laïque. Il n’y a pas d’alternative possible.

Réunis mardi 8 décembre, autour de Jean Glavany, à l’Assemblée nationale, pour les Sixièmes Rencontres de la Laïcité, nous avons beaucoup échangé autour des intégrismes religieux,  thématique qui s’imposait, au regard de l’actualité.

En présence d’Yvette Roudy, ancienne ministre et de Patrick Weil, historien et politologue, les intervenants ont rappelé les grands enjeux attachés à ce principe constitutionnel qu’est la Laïcité. Le respect des droits humains, le droit à l’instruction,  l’égalité homme femme…, autant de principes fondamentaux de notre Etat de droit attaqués par les intégrismes religieux.

Faut-il rappeler que la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui s’est construite à partir de la stricte séparation entre sphère privée et sphère publique. Elle a favorisé l’émancipation de la Femme au cours de la seconde moitié du XXe siècle. Aujourd’hui encore dans le monde, les femmes sont les premières victimes des sociétés patriarcales, réduites à l’esclavage, privées d’école et d’instruction. La religion ne doit pas être un prétexte au recul des droits des femmes.

« Pas de Laïcité sans droits des femmes ! » a conclu Yvette Roudy.