Budget 2015 à Nîmes : la promesse de baisse d’impôts n’est pas tenue

Arènes

Retrouvez mon intervention en Conseil municipal de Nîmes, ce matin, afin notamment de pointer les promesses de baisses d’impôts non tenues et de rétablir les faits sur la politique d’aide du gouvernement aux communes :
 » Monsieur le Rapporteur,
Chers collègues
Le document qui nous est présenté est censé donner les grandes orientations pour l’année à venir. Or, l’on a du mal à voir se dessiner des choix politiques en cohérence avec les engagements pris lors de la récente campagne électorale et surtout dans un contexte économique et social spécifique.

Sur ce contexte, vous mettez l’accent sur 2 aspects : la baisse de la dotation de l’Etat et la réforme des rythmes scolaires.

Je me permettrai quelques précisions

Oui, et nous l’assumons la baisse de la dotation de l’Etat est réelle. Mais à quoi correspond-elle ? Elle permet de maîtriser les dépenses publiques en accompagnant l’effort en matière de péréquation.

Vous ne pouvez pas demander aux Nîmoises et aux Nîmois de payer une taxe d’habitation des plus élevées de France, sans que la collectivité, sans que les collectivités, Ville et Agglomération ne montrent l’exemple…Ce ne serait pas juste !

La réduction de 3,67Mds€ de la DGF en 2015 est donc la traduction d’une contribution proportionnée et justement répartie des collectivités au redressement des comptes publics.

Nous le savons, les dépenses des collectivités vont, malgré cet effort, continuer à augmenter à un rythme attendu proche de l’inflation sur les années 2015-2017.

En outre, cet effort doit se réaliser dans le cadre de réformes structurelles, dont la réforme territoriale. (Et là Monsieur Fournier, ce n’est pas en déposant des amendements pour maintenir la région Languedoc-Roussillon seule, que l’on va y arriver. Ce n’est pas non plus en démutualisant les services de la Ville et l’Agglo, que l’on va y arriver !)

Enfin et – j’en aurai terminé avec les précisions…
Je rappelle ici que le soutien de l’Etat aux collectivités se fait , à hauteur de 3,3 milliards d’euros, au travers, notamment par le programme d’investissement d’avenir (PIA) ; de la relance des contrats de plan État-Régions (CPER), pour 2015-2020 : 1,6 milliard d’euros annuels seront mobilisés ; de la relance du logement, et de la simplification des normes pour les collectivités.
Mais ne nous voilons pas la face et soyons responsables devant les nîmoises et les nîmois.

En 2010, alors que le président de la République s’appelait Nicolas Sarkozy, le Sénateur de Nîmes, Jean-Paul Fournier, le député Yvan Lachaud, tous comme un seul homme ont voté le gel de la DGF.

Mais la différence, c’est que le gouvernement actuel s’est engagé dans un bras de fer pour redresser les comptes. Il y a trois ans, la sensibilité autour de la réduction de la dette n’était malheureusement pas la même.

D’un point de vue plus local, il ressort des orientations de votre DOB plutôt un sentiment de résignation face au destin de notre ville.

Comme s’il était acquis que Nîmes devait rester une ville pauvre, sans que ses responsables n’osent affronter les défis pour créer l’innovation et la richesse capables de corriger ces difficultés, ces inégalités.

La conséquence de politique, est que les foyers fiscaux quittent Nîmes pour fuir sa fiscalité écrasante et s’installer à côté, là où les impôts locaux sont moindres.

C’est de ce triste constat que devrait partir vos orientations et donc vos décisions ! Or, vous avez décidé de ne pas baisser la fiscalité cette année !

Revenir sur votre promesse de baisse de la fiscalité locale est non seulement un manque de respect des Nîmoises et des Nîmois, mais aussi une erreur de développement et de stratégie qui va continuer à appauvrir la ville et la vider de ses classes moyennes.

L’Etat est un alibi commode pour justifier ce manquement à vos engagements. Mais ce n’est pas l’Etat qui se lance dans les projets très coûteux et peu rentables qui obèrent les finances de la ville. Par contre ce sont bien les Nîmois qui vont payer.

Des baisses de dépenses de fonctionnement ? Mais qui vont-elles concerner notamment ? La masse salariale ?
Non ! Ce sont les subventions aux associations qui sont visées. Alors que celles-ci par leur engagement contribuent à l’effort de solidarité entre les Nîmois, au dynamisme culturel et pour certaines à l’activité économique, ce choix paraît comme dans d’autres domaines véritablement contre-productif.

Vous proposer de baisser les investissements de – 10% mais vous poursuivez le musée de la Romanité avec près de 6,7 millions, va mobiliser un tiers des crédits d’investissements ; Au détriment de projets destinés à améliorer le quotidien des Nîmois.

Et puis vous cherchez de nouvelles recettes en augmentant brutalement et sans signes avant-coureurs les tarifs des cantines, des centres aérés, d’un certains nombres de prestations aux usagers, attaquant ainsi le pouvoir d’achat des classes moyennes de cette ville, ainsi que des plus démunis.

Ce document d’orientation budgétaire confirme ce sentiment : la baisse de la fiscalité ne viendra pas de sitôt et les taxes et les tarifs municipaux explosent !
Aussi et parce que nous concevons notre rôle d’ opposition constructive et vigilante, je vous demande la mise en place d’une réelle stratégie pour votre ville et non une navigation à vue, privilégiant des politiques coûteuses et non structurées. »

Françoise DUMAS