Souvenir du 3 octobre 1988

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J’habitais dans une rue en bas de la route d’Uzès. Ma résidence n’était pas inondée. Mais à 50 m, la route d’Uzès était un fleuve.

J’étais assistante sociale, j’avais réussi à aller travailler, mais on n’avait plus de téléphone.

Après les inondations, on a travaillé nuit et jour pendant trois semaines. J’ai fait partie de la dizaine de travailleurs sociaux détachés pour travailler exclusivement pour les sinistrés. J’ai vécu le pire et à la fois des moments de fraternité intense. Le plus dur, ça été quand j’ai rencontré une grand-mère de Richelieu. Elle avait perdu son fils unique quelques années auparavant. Là, elle venait de perdre toutes ses photos.

Elle avait perdu tout ses souvenirs et on ne pouvait plus rien faire pour elle.